Changer de voie, changer de vie : témoignages inspirants pour la Journée Nationale de la Reconversion Professionnelle
La reconversion professionnelle s’impose aujourd’hui comme une réalité de plus en plus courante, portée par l’envie de donner du sens à son travail, de relever de nouveaux défis ou d’améliorer son équilibre de vie.
La Journée Nationale de la Reconversion Professionnelle est justement l’occasion de mettre en lumière celles et ceux qui ont osé redessiner leur trajectoire.
Dans cet article, nous vous partageons 3 témoignages inspirants de personnes qui ont franchi le pas, surmonté leurs doutes et construit un nouveau projet aligné avec leurs aspirations.
Ils ont choisi le Service Formation Continue de l’Université de Montpellier pour les accompagner dans cette démarche de reconversion professionnelle, découvrez les témoignages de Coralie, Jordan et Justine.
Sommaire
- Coralie – De professeur des écoles à ingénieur en sûreté nucléaire
- Jordan – D’un CAP Dessinateur d’exécution à un master en biologie
- Justine – De la promotion à la production : une spécialisation en œnologie
DE PROFESSEUR DES ÉCOLES À INGÉNIEURE EN SURETÉ NUCLÉAIRE
Le témoignage de Coralie Yepes Bernabeu, 34 ans
Professeur des écoles depuis 10 ans, Coralie travaille jusqu’à 90h/semaine pendant la crise du COVID 19. Passionnée par son métier mais confrontée à une dégradation de ses conditions de travail, elle entame une démarche de reconversion professionnelle pour retrouver un équilibre vie professionnelle / vie personnelle…
Quelques années plus tard, elle devient Ingénieure en sureté nucléaire après avoir obtenu un Diplôme d’Université et un Master en Sécurité et Sûreté à l’ESEQ (École Sécurité Environnement Qualité) de Montpellier.
Parcours scolaire et professionnel
À l’obtention de son baccalauréat, Coralie a intégré une classe préparatoire aux grandes écoles (spécialité lettres et sciences sociales) avant de suivre une licence de géographie et un master d’enseignement. Elle obtient ensuite le concours de recrutement de professeur des écoles qui lui permettra d’exercer en tant que professeur des écoles pendant une dizaine d’années et directrice d’école en fin de carrière.
Un besoin de changement
« Mes conditions de travail ne me convenaient plus. L’institution demandait toujours plus avec moins de moyens. Ma conscience professionnelle et l’envie que j’avais de faire réussir tous les élèves ont fait qu’il m’était impossible d’envisager de m’investir qu’à moitié dans ce métier. J’y ai donc sacrifié ma vie personnelle, ce qui m’a valu notamment de perdre des amitiés qui m’étaient chères, ce que je regrette aujourd’hui. »
Pendant la période de crise du COVID 19, Coralie travaille jusqu’à 90h hebdomadaire : le soir, le weekend, les jours fériés, les vacances… L’idée d’une reconversion professionnelle émerge pour retrouver un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle.
« J’avais besoin d’un cadre différent et de nouveaux défis. »
L’émergence d’un nouveau projet professionnel
« J’ai d’abord tenté de me reconvertir en passant un concours interne de la fonction publique, celui des Instituts Régionaux d’Administration ».
Le concours interne des IRA (Instituts Régionaux d’Administration) permet d’accéder au corps des attachés d’administration de l’État. Concrètement, cela consiste à intégrer un IRA (à Bastia, Lille, Lyon, Metz ou Nantes) pour une formation rémunérée d’environ 6 mois au poste d’attaché(e) d’administration. À la suite de cette formation, le candidat est titularisé et affecté dans une administration selon son rang de sortie.
« J’ai préparé ce concours en même temps que mon travail à temps plein d’enseignante et directrice d’école grâce à une préparation à distance proposée par Science po Lyon. J’ai échoué de peu à l’admission. »
À la suite de cet échec, Coralie se tourne vers le secteur privé.
« Je savais qu’il fallait que je saute le pas de la reconversion vers le secteur privé mais je souhaitais garder le même niveau de responsabilités. C’est pourquoi, je visais l’obtention d’un deuxième master afin d’obtenir un emploi de cadre. »
L’apparition de la QSSE (Qualité, Santé, Sécurité, Environnement) et l’entrée en formation
« Un jour, mon conjoint m’a parlé du rôle du QSSE en entreprise. Ne connaissant rien à ce domaine, j’ai d’abord décidé d’entreprendre un Diplôme Universitaire pour voir si cela était adapté à mes ambitions. »
À ce moment-là, Coralie découvre l’ESEQ (Ecole Sécurité Environnement Qualité) de Montpellier via leur Diplôme d’Université « Management Qualité Sécurité Environnement » et entre en contact avec la responsable des études : Claire Chaffard.
« Claire Chaffard m’a informé qu’il était possible de poursuivre en master après le DU, ce que je souhaitais. »
C’est ainsi que Coralie intègre en premier lieu le Diplôme d’Université « Management Qualité Sécurité Environnement » avant de poursuivre en Master « Risques et Environnement » en alternance chez Orano DS.
Une démarche qui nécessite audace, humilité et détermination
« Après la peur de l’inconnu, il faut de l’audace pour oser « tout quitter » et recommencer à 0. »
En se lançant dans une démarche de reconversion professionnelle dans le secteur privé, Coralie a perdu les avantages conférés par son statut de titulaire de la fonction publique.
« Je suis passée par une rupture conventionnelle, dispositif nouveau dans l’Education Nationale et j’ai ensuite été radiée des cadres de la fonction publique. Ce qui signifie que j’ai perdu le bénéfice du concours que j’avais eu. Il n’y a pas de retour en arrière possible. »
En plus de l’audace, Coralie souligne également un besoin d’humilité : « Il faut savoir rester à sa place d’apprenant, écouter les autres, qui ont l’expérience » et de détermination : « La reconversion professionnelle peut être semée d’embuches ».
L’insertion professionnelle post reconversion
« Dès la fin de mon contrat d’alternance, j’ai été embauchée en CDI en tant qu’ingénieure en sûreté nucléaire chez Orano DS. À l’avenir, je ne me ferme pas à des évolutions de carrière notamment comme manager. Lorsque le moment sera venu, je souhaiterais également redonner des cours en rapport avec mon nouveau métier. »
Le conseil de Coralie

« Oser et se faire confiance. J’ai trop souvent entendu des gens qui ne se pensaient pas capables de faire autre chose que leur métier actuel. Les années passent et l’on se sent enfermé dans ce que l’on exerce professionnellement, incapable de faire autre chose. On pense à la reconversion mais on se l’interdit en arguant d’excuses matérielles (crédit, famille…). En se renseignant bien, des dispositifs permettent à tous les profils de se reconvertir (formation continue, VAE, alternance…). Il n’est jamais trop tard pour sauter le pas. »
Le mot de la fin
« Audentis fortuna iuvat » : la chance sourit aux audacieux.
« Avant de quitter l’Education Nationale, j’entendais beaucoup de personnes en souffrance. Beaucoup évoquaient la reconversion professionnelle mais force est de constater que très peu de personnes n’osent se lancer.
La formation continue n’est pas assez connue de tous. C’est pourtant un levier hyper important pour initier une démarche de reconversion professionnelle. Avec l’alternance, vous pouvez accéder à de nouveaux diplômes et de nouvelles voies professionnelles sans pour autant vous retrouver sans salaire. Je recommande donc aux personnes qui souhaitent se reconvertir de se renseigner sur la FC et notamment les systèmes de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) bien peu connus. »
D’UN CAP DESSINATEUR D’EXéCUTION À UN MASTER EN BIOLOGIE
Le témoignage de Jordan Merah, 35 ans
Actuellement agent de recouvrement à l’Université de Montpellier, Jordan Merah a intégré la promotion 2023-2024 du DAEU-B (Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires option scientifique) dans le but d’obtenir un équivalent BAC avant de poursuivre ses études en biologie.
Un début de carrière en tant que dessinateur d’exécution
« J’ai commencé à travailler très jeune, à 18 ans, avec un CAP Dessinateur d’exécution dans la communication graphique qui ne m’a jamais servi. Jusqu’à ma reprise d’étude, je n’ai travaillé que dans des jobs que je considérais comme alimentaire, sans grande passion. »
C’est à l’âge de 32 ans que Jordan prend la décision de s’engager dans une démarche de reconversion professionnelle en reprenant ses études à l’Université de Montpellier dans l’objectif de trouver un travail qui conviendrait davantage à ses envies et besoins.
L’obtention d’un équivalent BAC, le DAEU-B comme point de départ
« J’avais déjà un attrait pour les sciences mais je ne savais pas si je pourrais en faire un métier. »
N’ayant pas le BAC, Jordan a commencé par candidater à un équivalent BAC : le DAEU-B (Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires option scientifique).
« Je me disais que, même si je ne continuais pas après ça, un niveau bac me permettrait tout de même d’accéder à certains concours de la fonction publique. »
Jordan obtient son DAEU-B avec brio, en 2024, major de sa promotion.
« Les cours dispensés dans le cadre du DAEU-B étaient d’une grande qualité. J’ai pu compenser mes lacunes et accéder à une licence en seulement 1 an ce qui n’est pas rien. »
Une poursuite d’études en sciences
Pendant son année de formation en DAEU-B, les enseignements en sciences et notamment la biologie confirme son souhait de se spécialiser dans ce domaine.
« Comme ça s’est bien passé, j’ai décidé de poursuivre en licence Sciences de la Vie et Sciences de l’Environnement (SVSE) à la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier. »
Une démarche motivée par l’envie de trouver un travail qui fait sens
« Plusieurs choses ont motivé ma démarche de reconversion professionnelle : le sentiment de ne pas être à ma place et de pouvoir faire mieux, le manque de sens dans ce que je faisais, une volonté d’améliorer ma situation économique…
On passe notre vie au travail et je me voyais mal la passer à faire quelque chose qui ne me convient pas. »
Cette volonté de s’engager dans une démarche de reprise d’études se concrétise à travers son activité d’agent comptable à l’Université de Montpellier :
« J’assure le recouvrement de la formation continue à l’UM, donc à force de voir passer tous ces gens qui reprenaient leurs études, je me suis dit : « pourquoi pas moi ? ». »
La reconversion professionnelle synonyme de nouveau départ
« C’est satisfaisant de réussir là où l’on a échoué précédemment. J’avais un niveau assez catastrophique lorsque j’étais étudiant donc voir que je m’en sortais bien m’a redonné confiance en moi pour poursuivre en études supérieures. Cette expérience m’a permis de prendre un nouveau départ. »
Tout au long de cette démarche de reconversion professionnelle, Jordan doit jongler entre ses études et son emploi actuel d’agent comptable à l’Université de Montpellier, un équilibre parfois difficile à trouver.
« Le plus difficile est de combiner travail personnel et cours. J’ai surmonté ça en étant assidu et en restant focus sur mon objectif. Forcément, ça implique de faire des concessions. »
De nouveaux projets en prévision
Après avoir obtenu son DAEU-B et sa première année de licence en Sciences de la Vie et Sciences de l’Environnement (SVSE), Jordan poursuit son projet et entend bien valider sa deuxième année de licence et arriver jusqu’au Master.
« Je sais que rien n’est acquis et que mon objectif nécessite encore beaucoup d’investissement mais cette expérience m’a appris qu’avec du travail, je pouvais en être capable. »
Le mot de la fin
« Je remercie le Service Formation Continue de l’Université de Montpellier sans quoi tout ce que j’ai entrepris n’aurait pas été possible. Je remercie également les professeurs du DAEU-B qui croient réellement que tout le monde devrait avoir la possibilité d’étudier s’il le souhaite. Je les remercie de nous permettre l’accès à une seconde chance. »
DE LA PROMOTION À LA PRODUCTION : UNE SPÉCIALISATION EN OENOLOGIE
Le témoignage de Justine Choudart, 34 ans
Après un début de carrière dans l’œnotourisme ou elle assurait les visites, dégustations et ventes au caveau, Justine décide, après une expérience côté production de se lancer dans une démarche de reprise d’études pour devenir œnologue.
L’élément déclencheur
À la suite d’une expérience en tant qu’employée de chai pendant les vinifications, Justine se découvre un réel attrait pour tout ce qui relève de la production du vin.
Par la suite, j’ai souhaité me rapprocher de la production et j’ai travaillé au chai pendant les vinifications.
« Ce métier offrant une grande mobilité, j’ai choisi d’enrichir mon expérience en travaillant dans différentes régions viticoles, en France et à l’étranger : Beaujolais, Nouvelle-Zélande, Australie, Chili.
Ces expériences m’ont permis de développer une vision internationale du vin et d’acquérir une solide expérience de terrain. »
Construction du projet professionnel
Après plusieurs années à l’étranger, Justine rentre en France.
« Je ressentais le besoin de faire reconnaître mes années d’expérience par un diplôme français. C’est ainsi que j’ai entrepris un BTS Viticulture-Œnologie en Bourgogne.
Le retour à l’école a été une décision longuement mûrie, mais la possibilité de suivre cette formation en alternance a été déterminante : elle me permettait de conserver une autonomie financière tout en poursuivant mes études. »
L’entrée à l’Université de Montpellier
Suite à l’obtention de son BTS, Justine intègre la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier pour suivre une Licence 3 Chimie parcours Préparation au Diplôme National d’Œnologie (DNO).
« Être acceptée dans cette formation m’a donné confiance et m’a permis d’envisager une poursuite d’études vers le Diplôme National d’Œnologue (DNO). »
L’alternance comme nécessité : le contrat de professionnalisation
Comme beaucoup de stagiaires Formation Continue, l’alternance était pour Justine une nécessité absolue, ceci permettant d’assurer un revenu régulier pendant la formation.
« Cette licence, tout comme le DNO, est proposée en alternance, ce qui correspond parfaitement à mon parcours professionnel et à mes besoins. Le fait que le DNO de Montpellier soit désormais réalisable en alternance sur les deux années a naturellement motivé mon choix de continuer dans cette voie. »
Justine suit sa formation en alternance, via un contrat de professionnalisation. À la différence du contrat d’apprentissage davantage centré sur la formation initiale des jeunes, le contrat de professionnalisation est un contrat en alternance destiné à favoriser l’insertion ou la réinsertion professionnelle des adultes en leur permettant d’acquérir une qualification reconnue tout en travaillant en entreprise.
« Le contenu de la formation correspond parfaitement à mes attentes.
Je recommande vivement cette formation à toute personne souhaitant se spécialiser en œnologie.
Je poursuis actuellement mes études dans le cadre du DNO, et j’espère, dans deux ans, pouvoir exercer pleinement en tant qu’œnologue. »
Le conseil de Justine

« Si je devais donner un conseil à quelqu’un souhaitant reprendre ses études, je lui dirais de foncer : ce n’est pas une question d’âge, mais de motivation et de passion. »
Le mot de la fin
« Le service de formation continue de l’Université de Montpellier a été à la hauteur de mes espérances : professionnalisme, écoute et accompagnement de qualité.
Vous offrez la possibilité aux personnes de plus de 30 ans de se réorienter ou de reprendre leurs études. Grâce à vous, de nombreuses personnes peuvent réaliser leur rêve et reprendre leurs études dans les meilleures conditions.
Merci pour votre soutien, votre écoute et votre engagement. »
La reconversion professionnelle est bien plus qu’un changement de cap, c’est un cheminement personnel qui peut ouvrir la voie à une transformation profonde. Même si ce parcours peut susciter doutes et hésitations, il offre surtout l’opportunité de réinventer son avenir et d’explorer de nouvelles perspectives.
Pour prolonger la réflexion, les témoignages de l’année dernière restent toujours disponibles.
Devenez stagiaire en Formation Continue à l’Université de Montpellier et osez réinventer votre carrière professionnelle.
Quel que soit votre projet, on vous accompagne.
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